Sauvegarde
Une sauvegarde jamais restaurée n’est pas une sauvegarde
Presque toutes les PME que nous auditons ont une sauvegarde. Beaucoup moins ont déjà restauré quoi que ce soit. C’est dans cet écart que se logent les mauvaises surprises.
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Sur les audits que nous menons, la question « avez-vous des sauvegardes ? » reçoit presque toujours une réponse positive. La question suivante - « quand avez-vous restauré pour la dernière fois ? » - produit un silence beaucoup plus fréquent.
Ce n’est pas de la négligence. Personne n’a le temps de tester une sauvegarde tant que tout fonctionne, et l’outil affiche « succès » tous les matins. Le problème est que « succès » signifie seulement que le travail de copie s’est terminé sans erreur. Il ne dit rien de l’utilisabilité du résultat.
Ce que nous rencontrons réellement
Les défauts les plus courants n’ont rien d’exotique.
Le périmètre a dérivé. La sauvegarde a été configurée il y a quatre ans sur trois dossiers. Depuis, un partage a été ajouté, une application métier a été installée ailleurs, et une base de données vit maintenant sur une machine qui n’était pas dans le périmètre initial. Personne n’a pensé à mettre à jour la tâche.
La base de données est copiée à chaud, sans être quiescée. Le fichier existe dans la sauvegarde. Il est inexploitable, parce qu’il a été lu pendant que le moteur écrivait dedans. Cela ne se découvre qu’au moment de la restauration.
Tout est au même endroit. Le NAS de sauvegarde est dans le même local que le serveur, branché sur le même onduleur, et accessible depuis le réseau avec les mêmes identifiants. Un incendie, un dégât des eaux ou un rançongiciel emporte les deux. C’est le cas le plus fréquent, et le plus grave.
La rétention est trop courte. Sept jours de sauvegarde suffisent contre une panne matérielle. Ils ne suffisent pas contre une corruption silencieuse ou un chiffrement malveillant découvert trois semaines après le fait.
La règle 3-2-1, sans le jargon
Trois copies des données, sur deux types de support différents, dont une hors site. C’est ancien, c’est répété partout, et c’est toujours la bonne base.
Dans une PME, cela se traduit concrètement par : les données en production, une copie locale rapide à restaurer, et une copie distante que l’on ne peut pas effacer depuis le réseau de l’entreprise. Ce dernier point est devenu le plus important : la plupart des rançongiciels cherchent d’abord les sauvegardes accessibles avant de chiffrer quoi que ce soit.
Tester, pour de vrai
Un test de restauration utile ne consiste pas à ouvrir la console de sauvegarde et à regarder les voyants verts. Il consiste à choisir un fichier, une boîte aux lettres ou une machine, à la restaurer ailleurs, et à vérifier qu’elle fonctionne.
Une organisation raisonnable, à l’échelle d’une PME :
- Chaque mois, restaurer un fichier pris au hasard et vérifier son contenu. Cela prend dix minutes.
- Chaque trimestre, restaurer une machine virtuelle complète dans un réseau isolé et la démarrer. Vérifier que le service se lance, que la base s’ouvre, que l’application répond.
- Une fois par an, dérouler le scénario complet : le serveur principal n’existe plus, on repart de la copie hors site. C’est le seul exercice qui révèle les dépendances oubliées - un serveur de licences, un annuaire, un certificat, un mot de passe qui n’existait que dans la tête d’une personne.
Notez le temps que prend chaque étape. C’est ce chiffre, et non la promesse commerciale de l’outil, qui constitue votre véritable délai de reprise.
Deux chiffres à écrire noir sur blanc
Avant de choisir une solution, il faut décider de deux valeurs, et les faire valider par la direction :
Combien de temps l’activité peut-elle rester à l’arrêt ? Et combien de travail peut-on accepter de perdre ?
Ces deux réponses déterminent tout le reste : la fréquence des sauvegardes, le type de support, le coût. Une entreprise qui peut se permettre une journée d’arrêt et une demi-journée de perte n’a pas besoin de la même infrastructure qu’un site de vente en ligne. Le dimensionner correctement évite autant de sur-investir que de découvrir le problème le mauvais jour.
Dans notre expérience, cette discussion de trente minutes avec la direction est la partie la plus utile d’un projet de sauvegarde. Le reste n’en est que la mise en œuvre.
Cette note reflète ce que nous constatons en exploitation chez nos clients. Si votre situation en diffère, ou si vous voulez en discuter, écrivez-nous.
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